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Voila déjà 4 mois que nous parcourons les routes d'Asie. La
famille et les amis nous l'ont fait savoir: supers photos, bel effort ce site, on aime et on y retourne mais lorsqu'on ne
maîtrise pas l'anglais les commentaires, anecdotes et histoires racontées par Tom sont perdues. Je ne propose pas ici d'en
faire la traduction mais plutôt de raconter de façon abrégée, concentrée et complémentaire notre aventure. Parfois les photos
parlent d'elles-mêmes et on essaye de choisir celles qui rendent au mieux l'atmosphère des lieux visités: les images sont
essentielles à notre souvenir et au plaisir de tous alors n'hésitez pas à vous en abreuver les yeux et on comprend si
vous ne déchiffrez pas le texte anglais dictionnaire à l'appui! Les lignes qui suivent reflètent pensées et
impressions sur l'Asie et le Voyage.
Tout d'abord chose importante on ne se lasse
pas! On s'adapte, on redécouvre ce qui nous fait plaisir, envie au fur et à mesure. Par exemple la Russie et la Chine
étaient un concentré de sites inscrits au patrimoine mondial de l'humanité et autres lieux touristiques urbains.
Nous avions une sensation d'épuisement et une perte de sens. La Mongolie
avait été une vraie révélation pour nous avec ses grands espaces, ses habitants souriants et l'atmosphère dans les yourtes
(s'endormir avec le poêle qui chauffe encore et se réveiller dans le froid le matin, remettre du bois et somnoler dans la
chaleur qui revient...). Apres réévaluation de la situation nous avons découvert que la nature et la rencontre avec les personnes
du pays que nous visitons sont les deux choses que nous recherchons le plus. D'où notre décision par exemple de nous concentrer
sur le sud de l'Inde qui nous intéresse beaucoup
plus au lieu de faire le nord et donc de ne pas visiter le Taj Mahal (pour un autre voyage en Inde on espère, c'est un
pays immense auquel on devient vite accro).
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La Russie... Tout a commencé à St
Petersbourg (mon 3eme voyage là-bas autant dire que j'étais en territoire connu!), ville très européenne et
nous nous sommes demandés si vraiment nous étions partis en voyage pour de bon! Comme si le cordon ombilical européen n'était
pas coupé: les bâtiments, les magasins et les russes tout était comme chez nous si ce n'est plus délabré ou de plus mauvais
goût (les filles russes savent très bien marcher avec des talons mais les vêtements ont tous l'air bon marché). Puis Moscou au coût de la vie exorbitant - le budget en a pris un sacré
coup! Voir la Place Rouge, le Kremlin m'a vraiment donné l'impression de cocher une case essentielle (des années de passion
pour la culture russe). Par contre le reste de notre périple dans la Russie occidentale se fait plus difficilement. J'avais
toujours rêvé de voir les villes de l'Anneau d'Or
(la vieille Russie des tsars) mais nous sommes hors des sentiers battus (pourquoi pas mais en Russie voyager n'est pas si
facile que ça pour des étrangers même en parlant russe!) et mis à part une succession d'églises certes très belles et hautes
en couleur nous ne trouvons pas que les sites en vaillent l'argent et l'effort. Les villes russes de toutes tailles
sont tristes, remplies de personnes peu souriantes aux vies difficiles. L'âme russe est palpable (mélancolique, solitaire,
tournée vers la famille et les amis proches) mais pour rentrer dans le cercle ce n'est pas facile.
Le Transsibérien
est vraiment un voyage classique que j'avais toujours eu envie de réaliser: mission accomplie à bord du Baïkal, le train russe le plus propre de la ligne ouf! Les russes sont très à
cheval sur la propreté et contrairement à ce que l'on pourrait penser la pauvreté et la saleté ne vont pas toujours de
paire: la culture du pays et l'abondance (ou non) de ressources en eau font la différence, par exemple le Népal est très propre comparé à l'Inde et la Chine pourtant
pays voisins. Le paysage: pins après pins après pins après datchas (habitations secondaires traditionnelles russes dans
les campagnes). Surtout comparé aux paysages exceptionnels de la nouvelle ligne de chemin de fer Golmud-Lhassa que nous ferons 3 mois après c'est plus que monotone! Notre périple russe
représente ce que j'avais toujours voulu faire mais ne répond pas à mes attentes.
Heureusement notre séjour en Russie orientale (Irkoutsk
et Lac Baïkal) nous réconcilie avec les russes (beaucoup
plus souriants et abordables même si casser la glace est encore parfois nécessaire au premier abord). Nous y faisons aussi
nos premières vraies rencontres avec d'autres voyageurs et partageons nos expériences (cela rassure, amuse, renseigne et permet
de se rendre compte de l'évolution personnelle au niveau mental et dans le Voyage). Nous quittons la Russie une semaine plus
tôt que prévu - ce qui n'est pas un mal et nous offrira le double de bonheur: passer une semaine de plus en Mongolie et arriver a temps (sans le savoir) pour la visite du
Dalai Lama.
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La Mongolie... Passage en train entre les frontières russe et mongole (dans le transmongolien
à proprement parler: le train chinois très sale et au personnel en tenue militaire, tous des hommes qui jouent à s'enfermer
dans les compartiments - les chinois sont de grands enfants!), nous apprenons par des russes que le Dalai Lama sera à Ulan-Bator la capitale. Les Mongols ne sont pas au courant (même le patron de notre
petite guest house très débrouillard et avec des relations) car le gouvernement veut garder la chose plus ou moins secrète
pour éviter trop d'attention médiatique et des représailles de la part de la Chine
(Pékin avait arrêter le service ferroviaire entre UB et Beijing pour quelques jours lors de la dernière visite du DL - cette
fois-ci ce sera un avion qui sera retardé d'un jour pour marquer le mécontentement chinois). Nous visitons UB (ville soviétique
où nous mangeons enfin de la cuisine plus asiatique, quelques statues à voir, le monastère de Ganden et ou traverser les rues
c'est risquer sa vie à chaque pas) et le jour J nous bataillons de fervents Mongols pour garder notre position au 1er rang
et voir le DL. Moment inoubliable - je me rappelle encore de son regard englobant posé sur moi, la foule - c'est
un homme spirituel fascinant. Apres 3 semaines de voyage nous faisons cette rencontre magique qui donne à notre aventure
une touche vraiment spéciale.
Le seul moyen de voyager en Mongolie c'est dans une jeep ou un de leur van soviétique aux pneus
gigantesques. Ici lorsqu'on sort de la capitale il n'y a pas de route à proprement parler et voyager par bus indépendamment
prendrait des semaines. Nous faisons donc notre premier tour organisé et visitons Karakorum
(légendaire capitale de Gengis Khan dont les portraits se trouvent un peu partout: tableaux, tapis, flasques, peaux de mouton...
2006 est l'année des 800 ans de l'empire Mongol), le White Lake
et Hovsgol Lake. Espaces naturels fantastiques, dunes,
chevaux sauvages de Przewalski (les "takhis"), source d'eau chaude, temples, ballades à cheval (pas sauvages ceux-là) et
yourtes... nous passons vraiment un très bon moment et c'est difficile de quitter ce pays pur et authentique. Le souvenir
de notre chauffeur qui se frottait le ventre après quasiment chaque repas en disant "Mongolie!", les regards sincères
et fiers des Mongols, leurs beaux enfants, chevaux et chiens, et l'odeur de mouton présente absolument partout restera
à jamais graver dans nos mémoires. Notre train pour la frontière traverse le désert
de Gobi et lorsque nous nous réveillons le matin nous sommes couverts de sable! Dans le train j'obtiens
des informations sur les formalités en russe car toute personne de plus de 30 ans parle cette langue ici (le russe nous servira
bien jusqu'a Beijing inclus qui a aussi son quartier
russophone). Les Mongols disent que les russes ont détruit 700 ans de leur histoire en 70 ans (à commencer par l'écriture
de leur langue qui utilise le cyrillique maintenant mais ressemblait avant au mandchou). Après pas mal d'attente nous
mettons les pieds (pour la 3eme fois pour moi) en territoire chinois à Erlianhot.
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La Chine... C'est incontestablement la prochaine puissance mondiale... un vaste chantier
en construction (et il y en a littéralement partout des chantiers et travaux gigantesques). Mais la Chine est aussi remplie
de sites historiques fascinants qui côtoient les gratte-ciels, de nouveaux riches et très pauvres paysans, une nation de personnes
sous contrôle. En bus de nuit (déconseillé - on ne peut pas s'allonger proprement et ça jabote) nous arrivons à Beijing au milieu de la nuit. Nous prenons une chambre double pour
récupérer - on dépense toujours plus d'argent lors de la première semaine passée dans un nouveau pays: recherche de confort
pour pallier à un environnement nouveau, aucun repère encore en matière de prix et la capitale est presque toujours la première
destination. Beijing c'est l'occasion pour nous de voir des sites fabuleux: la
Grande Muraille, la Cite Interdite, le Temple du Ciel, la Palais d'Eté, la Place Tiananmen... de profiter
des parcs et des supers restaurants (dont le fameux 'Beijing Duck' qui soit dit en passant est mieux cuisiné à Londres qu'ici
- beaucoup plus croustillant) et de se perdre dans les houtongs (vieux quartiers de Pékin qui se font détruire à vitesse fulgurante
pour laisser la place à des immeubles modernes). Nous avons l'occasion de voir Mao
(enfin son corps embaumé) mais il est beaucoup moins bien préservé que Lénine (rentrer dans son mausolée digne
d'un film de science-fiction sur la Place Rouge nous avait fait une grande impression: on aurait dit qu'il allait se lever
de parmi les morts!)
L'étape suivante était Datong où nous voyons une des plus belles choses qu'on ait vu jusqu' à présent: les cavernes Yungang qui datent du 5eme siècle. Tom et moi en sortons
la bouche ouverte et nous apprécions également la Pagode en bois et
le Temple suspendu. Ça vaut la peine de mentionner que la plupart des visites en Chine se font entourées de
groupes touristiques chinois: casquettes de même couleur, drapeaux et microphones à l'appui. Ils découvrent leur pays (pouvoir
d'achat oblige) et adorent se faire photographier devant la plaque ou tout autre symbole du lieu pour dire 'j'y étais'. Ils
aiment aussi se faire photographier avec nous – des fois on dit oui et des fois on dit non suivant l'approche - c'est
quelque chose que l'on retrouve beaucoup en Inde aussi.
Après un trajet en bus épique (je ne croyais pas que c'était possible de tomber en panne si souvent ni de couvrir le sol du
mini-bus de crachats, bouts d'ongles et graines de tournesols à ce point) nous arrivons à Wutai Shan. Il y a beaucoup de montagnes sacrées en Chine et celle-ci est plus que touristique. Le plus beau temple - enfin celui qui nous
a fait le plus d'impression - comme souvent est le plus petit, pas ou peu visité, à l'atmosphère réelle (le bouddhisme est
une attraction touristique pour les chinois - la religion est l'opium du peuple souvenez-vous) et où l'on peut voir de vieux
moines prier et se prosterner au sol. La ville de Pingyao
sera notre prochaine étape, très ancienne entourée d'une muraille ou l'on peut épier les activités quotidiennes de ses habitants
(un bonheur pour la photographie au zoom!). Puis l'armée enterrée à Xian, et d'autres monuments et sites importants mais on perdait
le compte à la fin... L’arrivée à Chengdu fut
salutaire! Relaxation dans un super hôtel de backpackers (Sim's Cozy) et visite très sympa du centre de recherche pour
pandas (les bébés sont dans des couveuses comme ceux des humains - ça m'a rendue toute chose). Casse-tête a cause de nos visas
chinois et leur 'semaine en or': ici essayez d'imaginer près d'un milliard et demi de personnes toutes en vacances
en même temps (!) et l'administration fermée... nous décidons de partir pour Hong
Kong!
Hong Kong et Macau sont notre bouffée d'air (occidental) frais! Connaissant déjà HKG nous laissons
les sites touristiques de coté (à part l'Avenue des Stars
pour les superbes vues sur le port et les immeubles illuminés) et nous nous concentrons sur les îles plus sauvages:
Lantau et Lamma. Balades (certains diraient randonnées)
sur les sentiers de ces îles qui nous font découvrir un autre HKG
(et pourquoi pas y habiter? Ne sachant pas encore où nous établir après notre voyage nous discutons les diverses options
à chaque fois qu'un endroit nous touche). Une des meilleures journées sera celle passée à Macau. La ville est en travaux, les casinos sont partout et il y a des églises a la
pelle. Nous déjeunons comme des rois dans un restaurant portugais (la meilleure nourriture depuis le début de notre voyage,
Tom et moi lui décernons cette palme) et le vin consommé à table contribue a l'atmosphère légère de la ville. De retour sur
HKG et un autre passage de frontière économique
ou le douanier est tout étonné de savoir que je réside temporairement aux Chunking
Mansions le stéréotype du logement de réfugiés, travailleurs illégaux et africains achetant des tonnes de
vêtements pour ensuite les revendre en masse... mais sans risque vraiment - à part en cas d'incendie. Un des avantages
de voyager avec un homme c'est de pouvoir rester dans certains endroits (lorsque le budget est rique-raque) sans se poser
trop de questions. La sécurité est première dans le voyage mais parfois certains compromis et un niveau d'adaptation
plus élevé sont nécessaires. Nous nous faisons dorloter à Daya Bay
chez ma mère avant de décoller tous ensemble (oui je sais le moins de vols possible c'est notre éthique pour l'Asie mais
c'était la seule solution viable pour renouveler nos visas à HKG
- le principe tient toujours) pour Guiyang.
La province
du Guizhou n'est pas (encore) beaucoup visitée et pourtant les paysages et les gens sont
à part entière. Ma mère et mon beau-père nous offrent un tour de 10 jours avec guide et chauffeur (les deux plus qu'utiles,
l'un pour les explications - en français s'il vous plait - et l'autre pour accéder à des villages reculés sans transport public).
Ce sont des vacances dans le voyage! Et l'occasion de découvrir la Chine rurale sur laquelle les autres voyageurs font souvent
l'impasse. Nous allons à la rencontre de nombreuses minorités hautes en couleurs: Dong, Miao, Buyi... les femmes portent encore
les costumes traditionnels alors que les hommes sont habillés plus sobrement. Villages après villages, marchés après marchés
nous découvrons différentes cultures, langues et traditions. Echange de sourire et photos, c'est une vraie chance de pouvoir
être les témoins de modes de vie ancestraux. Un des souvenirs les plus frappant est la visite d'un village où aucun étranger
n'avait jamais mis les pieds avant... nous avons été invités à l'intérieur d'une maison par une très belle femme Miao mais
la plupart des adultes nous ont fait comprendre que nous ne devions pas nous attarder (ont-ils perçu les dangers de cette
première intrusion qui en annonce d'autres et ses conséquences sur leur mode de vie particulier?). Les enfants eux étaient
surexcités (surtout de découvrir le pouvoir de l'appareil photo numérique et de voir leurs têtes s'afficher à l'écran!) et
nous ont escortés jusqu' à la sortie du village.
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Le Tibet... Chaque pays a sa propre odeur - c'est un fait établi lorsque l'on voyage
on prend l'odeur du pays (pas toujours agréable, parfois entêtante) et on la reconnaît aux premières effluves. Le Tibet a
une odeur toute particulière, celle des temples, le genévrier et la sauge brûlés par les moines. L'odeur du beurre et de la
graisse de yak utilisé par les pèlerins (et le Tibet est LE pays de la dévotion par excellence) qui saupoudrent la mixture
dans les bougeoirs de toutes tailles et nourrissent ainsi les flammes qui brûlent devant les statues de leurs déités. Lhassa fut notre première étape après 48 heures passées dans le
nouveau train construit par les chinois et qui traverse le plateau Tibétain. Les paysages sont magnifiques, fascinants comparés
à ceux du Transsibérien et l'altitude se fait ressentir par des sortes de vertige nausée plus ou moins facile à
dissiper à l'aide d'oxygène dans les narines (il y a des 'prises d'oxygène' dans chaque cabine). Dans la capitale du Tibet
qui s'est bel et bien transformée en une ville chinoise comme les autres le
quartier du Barkhor est une bouffée d'air frais tibétain: toutes les minorités s'y retrouvent (bijoux à base
de turquoise ou pierres orange ou rouge) dans un bain de couleurs et de coiffures originales. Par exemple les hommes kampas
ont leurs cheveux longs enturbannés avec des fils de coton rouge vif. Mais qu'on ne s'y trompe pas, même si les chinois
permettent désormais aux moines d'officier et aux gens de prier - et toutes les générations confondues profitent de cette
relaxe - le tout est fait sous les regards des militaires et autres agents en civil. Les Tibétains sont poussés à la marge d'une
société qui n'est plus la leur. A Lhassa nous avons
été témoins de beaucoup de violence, agressions physiques, couteaux tirés... et l'alcool semble se répandre comme par magie
pour noyer les malheurs d'un peuple occupé.
Nous avons visite temples après temples,
monastères après monastères - les plus grands, les plus beaux, malheureusement aussi ceux aux noms évocateur de massacre:
Drepung, Sera,
Ganden... Les sourires des Tibétains resteront à jamais
graver dans nos coeurs tout comme le moine d'un temple de Lhassa devenu
notre ami (dont on taira le nom et la localisation par précaution) et qui nous a ouvert son coeur sur les problèmes de son
pays. Nous avons rencontré des gens dont la détermination à honorer et adorer le Dalai Lama (et ceci quoi qu'il leur
en coûte) et à redevenir un jour maître de leur destinée laisse présager de possibles tensions au Tibet, peut-être même une
révolution devant l'injustice et la mort lente d'une culture riche et pacifiste. Que se passera-t-il lorsque le Dalai Lama
va mourir et que sa réincarnation sera choisie par le faux Panchen Lama (2eme en importance) mis en place par les chinois?
Visites du Potala, du Jokhang,
nous passons une semaine à Lhassa et dans les environs
avant de prendre un chauffeur Tibétain et son mini-van pour prendre la fameuse Route
de l'Amitié! Les 10 jours qui suivent seront consacrés à la
découverte des Himalayas et à la fameuse route
Lhassa-Katmandou qui nous laissera un souvenir impérissable.
Après un arrêt au très beau lac bleu de Yamdrok Tso nous
traversons des villes plus Tibétaines même si l'invasion chinoise sous forme de monuments, rues pavées et magasins alignés
a déjà fait son oeuvre: Gyantse, Shigatse, Sakya...
Nous passons des cols à plus de 5000m d'où l'on peut admirer à travers les milliers de drapeaux de prière Tibétains colorés, les
différentes variations de marron et la neige sur les sommets de ces montagnes majestueuses. Il y a peu de mots pour décrire
l'émotion ressentie à voir l'Everest. Etre au pied
du plus haut sommet du monde (par -10/-15 au lever du soleil)... sans doute le plus beau souvenir de ma vie!!! (Et partager
cela avec Tom alors là c'est jackpot!). Après contemplation sous tous les angles possibles nous reprenons la Route de l'Amitié qui nous fait redescendre de notre nuage et de nos
hauts sommets: direction Népal!
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Le Népal... représentait d'abord la continuité Himalayenne. Le trajet entre la frontière
et Katmandou nous remplit d'émerveillement. Le contraste
entre les hauts plateaux tibétains et la végétation luxuriante népalaise, la descente faite en 3 heures de la neige aux palmiers
restera à jamais gravée dans nos têtes comme le jour le plus riche en paysage avec la nature nous attaquant de toutes parts
par sa beauté. Puis vint l'après-coup. On ne peut pas se sentir sur le toit du monde et revenir à la réalité de la même façon.
Il nous a fallu du temps pour digérer les paysages grandioses et pour moi réaliser que le 1er pilier du Voyage, un des principaux
qui m'avait fait entreprendre cette aventure était passé, derrière nous. La 1ere semaine à Katmandou fut donc consacrée à
retrouver un 2nd souffle. Le superbe musée de Patan
nous y aida bien: connaître la culture et les moeurs d'un pays, reconnaître ses icônes donnent l'envie d'en savoir (et d'en
voir) plus. Une des raisons pour lesquelles nous lisons tous ces livres qui racontent des histoires dans les pays que nous
traversons. Le temps qui nous est imparti peut paraître long mais il est difficile de gratter la surface de chaque pays (même
si on en a gratter beaucoup et avons mis un point d'honneur a rester en moyenne un mois a chaque fois) et nous avons
mis l'accent sur le tourisme couple avec le plus d'interaction possible avec les habitants et la nature. Etre volontaire dans
un pays (outre le fait que la plupart des programmes coûtent beaucoup d'argent) voulait dire n'en découvrir qu'une petite partie
avant la prochaine destination. Mais ces choix et visions sont personnels et propres à chacun.
Le Népal
au moment de notre visite en novembre 2006 venait tout juste d'être à nouveau considéré 'safe' pour les touristes.
Nous avons rencontré les Maoïstes à plusieurs reprises (dont le 1er jour), avons du leur donner de l'argent dans les Annapurnas (à leur check point adjacent à celui du gouvernement)
et voir des gosses avec des armes (M16 et Lee-Enfield) pointées vers soi est plutôt troublant. Mais débarrassés de leur roi
les népalais étaient prêts à former un gouvernement provisoire stable avec les communistes et un vent d'optimisme soufflait
sur le pays. Après les temples hindous et le site crématoire impressionnant de Pashupatinath,
nous avons passé une excellente semaine à randonner dans les Annapurnas, de Pokhara
à Jomson (et le retour dans un tout petit avion à
survoler les montagnes magnifiques et notre trajet pédestre). Un super souvenir partagé avec Nick et Sam, un couple australien/britannique
et les photos parlent d'elles-mêmes: amateurs de randonnées le circuit des Annapurnas est le paradis sur terre, le Shangri-La
des marcheurs. Puis vint le moment de célébrer mon anniversaire... quoi de mieux que de le passer dans le plus beau parc national
du Népal: Chitwan, à dos d'éléphant et à la recherche
d'un tigre! 2 jours magiques et une proposition de mariage pour mes 25 ans accompagnée d'une bague magnifique, modèle unique
choisi par Tom et faite à Katmandou avec un superbe
saphir bleu du Sri Lanka: notre Voyage dans l'objet
témoin de notre intention de devenir mari et femme. Apres ce séjour inoubliable à plus d'un titre vint le moment de tester
notre courage à 2 sur le Sun Kosi - 11 jours magiques
sur la rivière, à descendre des rapides plus impressionnants les uns que les autres, dormir sur les plages pour se réveiller
entourés de népalais aux yeux écarquillés, la bonne nourriture de camp et son feu de bois, et une équipe népalaise de rafteurs
formidables. Il était temps de quitter le Népal par
la frontière Est mais nous ne voulions ni les quitter, ni sortir de ce pays féerique qui nous avait donné tellement.
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L'Inde est un gros morceau de pays à avaler. Nous décidons de nous concentrer sur une
bande de Darjeeling à Bangalore puis de faire à fond les 2
états du Sud: Kerala
et Tamil Nadu ainsi que Goa.
Nous voulons éviter les sollicitations permanentes des vendeurs à la limite du respectueux et autres personnes qui
nous considèrent comme des portefeuilles ambulants ce qui est plus répandu dans le Nord de l'Inde (aux noms touristiques évocateurs de Varanassi, Jodphur et Taj Mahal... ce sera
pour une autre fois lorsque notre patience de touristes de 3 semaines sera montée à bloc). Darjeeling est le paradis (froid en cette saison) en terre Indienne: superbe plantations
de thés, vues teintées de rose sur les plus hautes montagnes du monde qui se détachent du ciel bleu, ambiance népalaise et
coloniale parfaite pour s'acclimater à l'Inde. Nous
prenons le 'toy train' pour redescendre à contre-coeur de ces hauteurs et faire notre bonhomme de chemin jusqu' à Calcutta en train de nuit. Chaque trajet en
train sera un vrai bonheur, et étonnamment surtout en classe 'sleeper' la plus basse: rencontres étonnantes et grands sourires
de nos co-passagers toujours heureux d'essayer leur anglais à l'accent indien typique et difficile à comprendre (mais qui
pour eux est 'britannique'!).
Calcutta est sans doute une des villes les plus fascinantes d'Inde
(ou est-ce parce que nous y avons passé près d' 1 semaine? Il y a toujours une relation entre les sentiments développés à
l'égard d'un peuple, d'une ville, et le temps consacré à sa découverte). Nous avons déjà été en contact avec beaucoup de pauvreté
depuis le début de notre Voyage et de voir des gens vivre dans la rue avec les cafards, les rats et couverts de pollution
ne nous choquent pas autant même après 4 mois à côtoyer diverses formes de misère mais il est difficile de ne pas se sentir
abattu par l'absence de futur des enfants nés dans ces conditions. Après la réserve des Sundurbans (où l'on ne croise malheureusement aucun tigre) nous passons quelques jours
en Orissa (temples et plages) avant de retrouver ma
mère et Henri à Bangalore. Avec Pradeep notre chauffeur
adorable nous visitons Mysore (un palais de Maharaja),
Ooty (encore du thé et des balades dans les collines
environnantes), et le parc national de Mudumalai où
expérience ultime nous dormons dans un arbre! Communion avec la nature et les bruits indescriptibles de la jungle... mais
toujours pas de tigre et là je dis heureusement! Le luxe de nos hôtels et le bon temps passé ensemble rendent les adieux très
difficiles et le retour à la réalité du voyageur à budget restreint nous cogne de plein fouet.
A Cochin,
nous nous réconcilions avec la vie grâce à la nourriture délicieuse (poissons et fruits de mer absolument sublimes), les divers
plats d'Inde du Sud que nous commençons à connaitre
sont épicés mais valent la peine de manger avec les doigts! La période festive de Noël et du Nouvel An sera un moment difficile surtout
pour moi - la première fois que l'on se dit qu'on aimerait bien être autre part, avec la famille, les amis... Et puis
nous entamons notre 6eme mois de Voyage, une certaine fatigue s'installe, l'envie d'aventure, d'extrême... ou tout simplement
de prendre notre temps, le gérer au mieux pour ne pas se lasser (ou être blasés) des beautés que l'on voit. Je parviens
tout de même à apprécier les Backwaters et Kanyakumari (le point le plus au sud de la péninsule sud asiatique),
Madurai et le très décevant Pondichery. A Hampi les
cheveux au vent sur une motocyclette, nous parcourons les ruines, très heureux, avant de terminer à Goa et Palolem Beach
(on en rêve encore!). Bombay/Mumbai fut décevant à
mon goût et mes photos peu inspirées. Nous étions fin près à voir mes petits frères, mon père et Agnès à l'île Maurice!
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L'ile Maurice... la soeur jumelle de la
Réunion se situe plus en territoire africain qu'asiatique! Mais l'occasion de retrouver mon père, Agnès et
mes 2 petits frères Nils et Nemo est prétexte à cette entrave géographique. A l'arrivée nous faisons face à la réalité touristique
de l'île: elle n'est pas faite pour les 'backpackers'. Lorsque le monsieur de la douane me demande le nom et l'adresse de
notre hôtel et que je réponds ' on sait pas, on ne réserve jamais à
l’avance, on verra sur place': ça ne passe pas! Apres avoir dûment réservé notre hôtel depuis l'aéroport
comme condition de notre entrée sur le territoire, nous prenons un taxi en direction de Mahebourg où la plage de Blue Bay (nom joliment évocateur) deviendra notre QG avant
et après le départ de la famille Lisnic.
Les retrouvailles à l'aéroport sont riches
en émotion (pour une fois c'est moi qui accueille à l'arrivée) et la maison à Rivière
Noire est superbe. (Ah la piscine! La piscine!). La semaine qui suit sera pleine de jeux, de lecture, de discussions,
de bon vin au repas du soir, de piscine, de plages, de voiture au
nord puis au centre puis au sud de Maurice, de piscine, de photos à partager, de rires et d'histoires. Des
vacances dans le Voyage et le confort familial. La semaine ensemble touche à sa fin, les adieux sont difficiles car on ne
sait pas encore quand la prochaine fois sera.
De retour à Mahebourg nous explorons l'est
(dont la très belle Ile au Cerfs), assistons au festival
hindou du Cavadee et faisons le plein de bonne bouffe créole avant le départ pour le Sri
Lanka via Dubai et Mumbai.
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Le Sri Lanka... nous redonne notre 3eme souffle. On ne peut plus voyager comme avant, on
a trop fait les endroits miteux où on doit utiliser notre drap en soie qui du coup se salit très vite, et les petites
bêtes qui grouillent... c'est éprouvant pour le moral et nous nous rendons compte que pour profiter à fond du reste du Voyage nous
devons relever le niveau plus souvent quitte à dépenser plus. Ca tombe bien le Sri Lanka est un pays très propre et pas vraiment
fait pour les backpackers sans le sou et le budget est de fait plus élevé. Après un court séjour à Negombo où nous découvrons la vie de village de pêcheurs à bicyclette, nous arrivons
au bord du lac de Kandy et descendons à la guesthouse
Lakshmi (comme la déesse indienne de la prospérité) qui deviendra notre QG.
Les jours qui suivent sont difficiles pour moi, sentiments d'insécurité,
d'oppression, ras-le-bol temporisé par la visite du Temple de la Dent, des balades dans la campagne environnante à la découverte
des temples et le superbe jardin botanique de Peredinya.
Maurice a été un bon break mais pas assez, les petits
plaisirs de la vie sédentaire de tous les jours nous manquent et nous devons décider quant à l'endroit où nous poser
après coup. Notre décision de louer une voiture pour visiter les Cites
Anciennes et la Region Montagneuse
fera beaucoup pour le mental, l'envie de découvrir et continuer de profiter de notre grand Voyage. En tant que conductrice
j'ai du négocier les chauffeurs fous, les bus sur les routes étroites, les nids de poule, les vaches, les rickshaws et tout
cela en conduite a gauche! Dambulla, Sigiriya, Polonnaruwa, Anaradapurah
se succèdent sur 3 jours de 'road trip' culturel puis changement de programme nous restons à Ernakulam dans une guesthouse qui a une vue à couper le souffle sur la vallée verte
et en profitons pour marcher dans les plantations de thé et écouter les chansons des enfants Tamoules puis de leur chanter
à notre tour des chansons anglaises à l'école des hauts. A Horton
Plains nous passons la nuit à Hill Safari Eco Lodge, un des meilleurs souvenirs de notre séjour ici. La maison
est perdue au milieu d'une plantation de thé au bout d'un chemin quasiment impraticable (et en arrivant je me demande comment
je vais faire pour remonter la voiture!), elle sent la bonne odeur du vécu, du feu de bois et on se sent comme chez nous.
Nous ne sommes que tous les 2 et le propriétaire et son cuisinier nous servent un vrai festin alors que la brume et l'obscurité
nous enveloppent. Le lendemain nous marchons jusqu'a World's End
d'où l'on peut voir jusqu'a l'océan.
L’un de mes moment préféré de ce voyage fût l’ascension d’Adam’s
Peak. Avec les pèlerins et le lever du soleil et l’ombre de la montagne: un moment magique. Nous passerons le reste
de notre temps dans le sud-ouest de l’ile, à Galle et Hikkaduwa, de fabuleux souvenirs, sentiment du temps colonial passé, rencontre avec l’association des sourds
locale, bébés tortues, plage, surf pour Tom et poissons grillés. Mais aussi les vestiges du Tsunami et les histoires tristes
que les gens ont partagées avec nous. Un mois sur cette ile nous a permis de la découvrir a fond, même si nous aurions voulu
pousser plus à l’est et au nord en territoire Tamoule.
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Courte escale a Bangkok, le choc culturel est impressionnant! Retour à la
culturelle occidentale et le confort ; nous découvrons que tout peut être fait pour nous, les visas, les visites…
Nous en faisons l’expérience plus ou moins navrante au soi-disant marché flottant, une attraction touristique dans toute
sa splendeur et le pont de la rivière Kwai, un lieu tout de même chargé de mémoire. Après avoir changé tout l’argent dont nous avons besoin pour un mois en Birmanie en
dollars nous sommes fin prêt pour la suite de notre aventure.
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La Birmanie – pays sec en cette
saison, magique et splendide, encore ancré dans le passé asiatique ce qui est un rêve de voyageur mais une malédiction pour
ses habitants terrorisés par la junte militaire au pouvoir qui ne redistribue aucune richesse. Arrivés
à Rangoon nous nous imprégnons de la culture birmane, visite de la grande pagode
dorée Shwedagon où nous rencontrons un moine qui deviendra notre ami et une mine d’information sur le bouddhisme, la
vie dans ce pays et dans un monastère. A Mandalay, ville toute aussi active mais
moins ouverte sur le monde (dans la limite du possible) nous visitons les environs et la ville, assistons au show des Moustaches
Brothers, humoristes surveillés par le gouvernement. Le pont d’Ubei tout en tek est une merveille, les pagodes se succèdent
et nous enchantent.
Nous décidons de pénétrer dans la province de Shan, au nord-est de Mandalay,
après un arrêt a Pyin U Lwin et ballades dans la campagne environnante, nous nous
dirigeons en train (une des rares lignes encore existante et qui traverse un vieux viaduc quasiment au ralenti au risque de
tout faire écrouler !) vers Hsipaw. Avec de vieux vélos nous parcourons la
petite ville et les environs, de très bons souvenirs avant de retourner à Mandalay
et prendre le bateau sur l’Irrawaddy.
Des heures et des escales plus tard – où les tractations se font par-dessus bord – nous voici arrivés à
Bagan où nous retrouvons ma mère et Henri le lendemain. Pour quelques jours nous
serons dans cet hôtel absolument magnifique et visiterons les milliers de pagodes et temples de Bagan en calèche, à vélo et
à pied. Un des lieux les plus mémorables de notre voyage.
S’il y avait un endroit où vraiment nous aurions pu rester pendant des semaines voir des mois c’est bien le
Lac Inle. Les couleurs, les gens (Pa-O et Palaung rencontrés a quelques kilomètres
de là dans leur village dans les montagnes près de Kalaw), l’ambiance est
unique. Mes photos superbes, les sujets vibrants et le lac sublime. Nous allons jusqu’au deuxième lac au sud, Sankar, où nous devons obtenir un permis (il y a toujours des soi-disant rebelles dans les environs) et déambulons
dans les allées du marché. Après avoir dit au revoir a ma mère et Henri nous décidons de rester à Nyaungshwe au bord du lac et partons randonner dans la montagne. L’occasion de dormir chez une famille Pa-O
– nous sommes loin des sentiers battus, une expérience inoubliable. Il est temps de rentrer à Rangoon, la Birmanie est
un pays si attachant que nous sommes triste de le quitter. La cause Birmane vaut la peine d’être défendue.
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La Thaïlande (deuxième édition) nous apporte le repos nécessaire et le temps en famille avec la mère et la sœur de Tom ainsi que
Richard et sa fille Anna, amis de la famille. Le jour de leur arrivée a Bangkok
le grand-père de Tom décède, un moment difficile, son état de santé était précaire depuis plusieurs mois. Nous pensons fort
à lui et trinquons en son honneur. Il sera dans nos pensées à tous dans les semaines a venir. Après quelques jours a Bangkok
et dans les environs, notamment Ayuttahya avec ses ruines fabuleuses nous partons
pour les fameuses iles Ko Samui, Ko Tao et Ko Pha Ngan. Après la fameuse Bottle Beach, typiquement backpacker nous nous retrouvons de l’autre cote de l’ile dans un hôtel splendide
sur un rocher au bord de la plage avec une piscine qui donne l’impression de tomber dans la mer. Tom essaye la
plongée, cocktails de fruit le soir, lecture au bord de la piscine, palmes et tuba dans la mer, bref des vacances dans l’aventure!
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Dernier pays sur notre liste et sans doute notre chouchou, nous découvrons bien vite l’Indonésie après une escale en Malaisie à Georgetown depuis Krabi en Thaïlande (ou les gens sont absolument charmants contrairement à ce que certains
voyageurs nous avaient dit, mais comme toujours il faut s’habiller de façon respectable – ce n’est plus
la Thaïlande – pour attirer le respect). Nous choisissons Sumatra, hors
des sentiers battus, l’ile la plus sauvage où l’aventure nous attend a chaque détour (et sur les routes, dans
les forêts primaires c’est une réalité!).
Arrivés a Medan nous partons en bus de nuit pour Banda Aceh, la région était fermée a cause des insurrections rebelles il y a quelques années et est connue pour
deux choses : la Charia (loi islamique) y est applicable et ce fût le lieu de dévastation et le plus proche de l’épicentre
de la secousse qui déclencha le tsunami en 2005. Nous nous rendons de suite sur l’ile de Pulau Weh, passant en chemin des lieux encore dévastés par le tsunami, maisons détruites, cimetière de milliers
de personnes et panneaux annonçant aides financières et reconstruction. Traversée en bateau avec quelques ‘touristes’
qui sont en fait des travailleurs étrangers – il y a encore des centaines d’ONGs sur place. L’ile est superbe,
elle a été préservée de la dévastation par sa géographie et topographie. Nous optons pour une cabine sur la plage : au
programme plongée (une première pour moi !), masque et tuba (accompagnée d’une tortue, un moment magique !)
et ballades en moto (accidents répétés et essence siphonnée) jusqu'à la pointe de l’Indonésie et la mer à l’infini.
Depuis sa chute de moto le pied de Tom est à la limite de l’infection et il souffre le martyre lorsque je nettoie
la plaie, difficile dans un climat humide et tropical, nous optons pour un trek court afin de voir les orangs-outans à Bukit Lawang. Rencontre magique avec ces créatures aux yeux si expressifs, un des
moments forts de notre Voyage. Ensuite nous partons escalader un volcan actif, à Berestagi:
Gunung Sibayak ; l’odeur du souffre et le bruit de son activité incessante
nous fascinent et sur le chemin du retour nous nous baignons dans des sources d’eau chaudes naturelles. La tête sous
l’eau on en ressort en état de trance. Puis nous continuons notre périple indonésien avec un repos idyllique et une
chambre tout confort avec vue sur le lac de Danau Toba pour un prix modique. Découverte
des environs et de la culture Batak, a mobylette mais cette fois nous somme plus habiles même lorsque nous traversons la forêt,
des souvenirs inoubliables et la difficulté de quitter cet endroit où les sentiments de bonheur, de tranquillité, les baignades
dans l’eau rafraichissante du lac et l’hôtel Carolina resteront graves dans nos mémoires.
Surtout que pour nous rendre à Padang il nous faut prendre un bus de nuit
sur l’autoroute trans-Sumatra… un chemin de terre impraticable avec bus accidentes et peur assurée (nous sommes
juste derrière le chauffeur). Heureusement la télévision fonctionne et j’apprends l’indonésien avec des chanteurs
locaux qui parlent d’amour (‘cinta’, on devine vite le sens) et de mariage (obligé). L’Asie est un
continent de romantiques.
Pour notre dernière véritable aventure avant le retour à la civilisation que nous connaissons bien nous optons pour une
destination hors des sentiers battus, l’inconnu, la jungle et une tribu les Mentawais.
Et la vraiment c’est une expérience incroyable, la chasse, la pêche, manger des verres grillés et du sagou (tronc d’arbre
en pate blanche) – les bruits de la jungle, les rituelles et les rencontres. Les photos en fin de chapitre parlent d’elles-mêmes !
Retour en bateau, le bois qui craque pendant la traversée puis ce sera la route jusqu’à Dumai et Melaka en Malaisie
et l’avion pour Hong Kong… la fin du Voyage et suite de nos aventures
ce sera le Canada via San Francisco et notre décision de retourner vivre à Londres. Mais ça c’est une autre histoire !
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